Contexte du Projet de Loi
Le projet de loi sur la structure du marché des cryptomonnaies a franchi la commission, mais s’est ensuite retrouvé piégé dans un dilemme à deux volets. D’une part, un combat concerne la fortune cryptographique du Président. D’autre part, la question de savoir si le fait d’écrire du code fait de vous un transmetteur d’argent. Aucun des deux camps ne veut céder, et le temps presse.
Il y a un mois, la CLARITY Act semblait presque inévitable. Le Comité bancaire du Sénat l’avait adoptée par 15 voix contre 9 le 14 mai, avec deux démocrates franchissant la ligne de parti. Le projet de loi avait été inscrit au calendrier législatif du Sénat le 1er juin, et les marchés de prévision estimaient sa probabilité de passage en 2026 à près de 74 %. La sénatrice Cynthia Lummis, l’une de ses architectes, a qualifié le vote en commission de la plus importante action du Sénat sur la réglementation des cryptomonnaies dans l’histoire. L’industrie a commencé à croire que le projet de loi tant attendu allait enfin se concrétiser.
Le Piège Se Referme
Puis, le piège s’est refermé. À la mi-juin, les cotes de passage de Polymarket étaient tombées à environ 48 %, un simple pile ou face, en baisse de 26 points en un mois. Un accord éthique que les négociateurs pensaient avoir conclu s’est effondré lors d’une réunion à huis clos un mardi. Un second front s’est ouvert presque simultanément, avec les plus grandes organisations d’application de la loi du pays mobilisées contre une seule section du projet de loi.
« Les deux sénateurs démocrates ont conditionné leurs votes au premier combat, deux autres au second, et le projet de loi, qui avait besoin de sept voix démocrates pour atteindre 60, se retrouve soudainement avec quatre sénateurs tirant dans des directions incompatibles. »
Les Deux Combats
Avec 31 jours de session au Sénat restants avant la pause d’août, la CLARITY Act est bloquée, et elle l’est de la pire des manières : non pas à cause d’une seule objection qui pourrait être négociée, mais à cause de deux pilules empoisonnées non liées logées aux extrémités opposées du projet de loi, chacune défendue par des personnes qui ne bougeront pas.
Le premier combat concerne les conflits d’intérêts liés aux activités commerciales de la famille du Président Trump. Les démocrates du Comité bancaire ont conditionné leur soutien à des dispositions éthiques restreignant les fonctionnaires gouvernementaux des conflits d’intérêts dans la cryptomonnaie. Le sénateur Ruben Gallego a tracé la ligne en public, affirmant que sans garde-fous éthiques, il voterait contre.
Le second combat, moins connu, concerne la section 604 du projet de loi, qui vise à définir si un développeur de logiciels blockchain est un transmetteur d’argent. Cette section est essentielle pour l’industrie de la cryptomonnaie, car elle protège les développeurs open-source de poursuites.
Les Conséquences du Blocage
La Maison Blanche maintient sa propre ligne, et les deux lignes ne se rencontrent pas. L’administration accepte des règles qui s’appliquent à tous, mais rejette tout ce qu’elle considère comme ciblant un titulaire de bureau spécifique. Cela a conduit à un effondrement des négociations, car les républicains et la Maison Blanche ont retiré une disposition clé qui aurait permis aux procureurs généraux des États de poursuivre le Département de la Justice pour manquement à faire respecter les règles éthiques.
« Une règle éthique sans mécanisme d’application est une déclaration de principe ; une règle éthique qui permet aux procureurs généraux des États de poursuivre le DOJ pour ne pas l’appliquer est une arme. »
Conclusion et Perspectives
Les prochaines semaines seront cruciales pour la CLARITY Act. Si aucune des deux pilules empoisonnées n’est résolue avant la pause d’août, la fenêtre pratique pour un passage en 2026 pourrait se fermer, et les sponsors du projet de loi ont suggéré qu’une réévaluation pourrait attendre des années. Cela pourrait entraîner une réinitialisation du cadre législatif, laissant les questions de réglementation des cryptomonnaies en suspens.
Les marchés de prévision estiment actuellement à 48 % la probabilité de passage en 2026, en baisse par rapport à 74 % un mois plus tôt. La situation est complexe, et le temps joue contre le projet de loi.