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La Cour française rejette une demande d’urgence pour suspendre les règles de transparence fiscale sur les cryptomonnaies de l’UE

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Rejet de la demande d’urgence par le Conseil d’État

Le Conseil d’État français a rejeté une demande d’urgence de Bull Bitcoin et Paymium visant à suspendre un décret appliquant les règles de transparence fiscale sur les cryptomonnaies de l’UE, connues sous le nom de DAC8. La plus haute juridiction administrative de France a refusé une motion d’urgence demandant la suspension immédiate du décret français mettant en œuvre la Huitième Directive sur la coopération administrative (DAC8) de l’Union européenne.

Arguments des requérants

Les requérants avaient soutenu que la collecte centralisée des données des utilisateurs d’actifs numériques représente une menace immédiate pour la sécurité des utilisateurs et leur sécurité physique. Bien que le tribunal ait refusé d’émettre un sursis d’urgence, il n’a pas encore statué sur la légalité sous-jacente du décret. Un autre recours visant l’annulation complète de la réglementation reste actif devant le Conseil d’État.

Selon Francis Pouliot, fondateur de Bull Bitcoin, la pétition, déposée en août 2026, demandait une suspension provisoire du Décret n° 2025-1276 de la France. Ce décret transpose la DAC8 dans le droit français, exigeant des prestataires de services d’actifs cryptographiques qu’ils collectent des données personnelles et financières sensibles pour un échange automatique entre les autorités fiscales des États membres de l’UE.

Risques associés à la centralisation des données

Dans leur dépôt, Bull Bitcoin et Paymium ont soutenu que la création d’un référentiel centralisé de dossiers détaillés sur les actifs numériques crée un danger imminent de violations de données. Les entreprises ont averti que des bases de données divulguées pourraient être exploitées par des criminels violents pour localiser, extorquer ou kidnapper des détenteurs de cryptomonnaies et leurs familles.

La France représente une part disproportionnée des cambriolages et des vols ciblant les entrepreneurs en cryptomonnaies. Les soupçons selon lesquels des criminels avaient accédé aux données personnelles de certains des riches en cryptomonnaies de France ont été confirmés en août, lorsque l’agence fiscale du pays a admis qu’un hacker avait volé des données de 678 438 contribuables. Cette violation a poussé les acteurs de l’industrie de la cryptomonnaie à appeler à un moratoire sur la collecte de données personnelles par les institutions d’État.

Décision du tribunal et implications

Cependant, dans son jugement, le tribunal français a rejeté la demande d’intervention d’urgence, statuant que les requérants n’avaient pas réussi à démontrer une situation d’urgence suffisante. Selon la documentation judiciaire citée par les requérants, le tribunal a déterminé que le stockage des données de transaction dans un registre centralisé n’augmente pas automatiquement la probabilité de compromission à un niveau justifiant un gel immédiat. Le tribunal a noté que

« la simple possibilité d’un risque, dont la probabilité est très faible, ne peut constituer une situation d’urgence. »

Malgré ce revers procédural, Pouliot a souligné que la décision ne constitue pas une perte sur le fond de l’affaire.

« Cette procédure de suspension sommaire concerne uniquement les motifs d’urgence, »

a déclaré Pouliot dans un post sur X.

« Ce refus ne signifie en aucun cas que le Conseil d’État rejette nos arguments de fond. Notre procédure judiciaire pour l’annulation complète du décret DAC8 est toujours en cours. »

Défis juridiques et préoccupations de sécurité

Le défi juridique de fond affirme que le décret dépasse l’autorité du gouvernement et viole les droits fondamentaux en vertu du droit constitutionnel français et des normes de confidentialité européennes. Pour soutenir leur argument concernant les risques de centralisation des données, les plaignants ont cité des déclarations antérieures de la Direction générale des finances publiques de France. Lors des discussions parlementaires en février 2026 concernant le reporting des cryptomonnaies, les responsables fiscaux ont reconnu que la centralisation de l’identité et des valeurs d’actifs dans de grandes bases de données pourrait créer des cibles de grande valeur pour les cyberattaques et la fraude.

Bull Bitcoin a soutenu que ces avertissements, ainsi que les attaques physiques documentées ciblant les détenteurs de cryptomonnaies à travers l’Europe, démontrent une vulnérabilité dans le monde réel. Les plaignants ont indiqué qu’ils prévoient de publier les dépôts juridiques complets et la documentation de soutien de la procédure sommaire dans les jours à venir.

Calendrier de mise en œuvre de la DAC8

La DAC8 est entrée en vigueur dans l’Union européenne le 1er janvier 2026. Selon le calendrier de mise en œuvre, les prestataires de services enregistrés doivent compléter leur reporting initial pour l’année civile 2026 d’ici le 30 septembre 2027, avant les échanges automatiques de données transfrontaliers entre les autorités fiscales de l’UE. Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé un nouveau plan de sécurité pour protéger les professionnels de la cryptomonnaie suite à une forte augmentation des incidents de sécurité.

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