Adoption d’une loi sur la peine de mort au Myanmar
Le parlement soutenu par l’armée du Myanmar a adopté une loi mardi permettant la peine de mort pour les personnes qui utilisent la violence ou la détention illégale pour contraindre d’autres à participer à des escroqueries en ligne. Lorsque cet abus entraîne la mort de la victime, « la peine de mort sera appliquée », selon le projet de loi publié en mai.
Peines prévues par la loi
Ce texte prévoit également une peine maximale de réclusion à perpétuité pour quiconque dirige un centre d’escroquerie en ligne ou commet des escroqueries en monnaie numérique, ainsi que des peines de 10 ans à la réclusion à perpétuité pour les infractions de coercition.
Le député de la chambre basse, Aye Chan, a déclaré à l’AFP que la peine de mort avait été maintenue dans la version approuvée et que « les parties importantes du projet de loi sont restées les mêmes. »
Contexte politique et implications
Cette loi est la première adoptée par le gouvernement de Min Aung Hlaing, qui a dirigé le coup d’État de 2021 et a pris ses fonctions de président civil en avril. Un quart des sièges dans les deux chambres, soit 166, sont réservés à l’armée selon la constitution, et l’USDP a remporté 339 des autres lors d’élections par phases auxquelles le parti dissous d’Aung San Suu Kyi n’a pas pu participer.
Le Trésor américain a sanctionné l’Armée nationale karen, anciennement la Force de garde frontalière karen, en mai 2025, la qualifiant d’organisation criminelle transnationale. Il a affirmé que le territoire de cette milice à la frontière thaïlandaise « abrite plusieurs syndicats d’escroqueries cybernétiques » et qu’elle « a bénéficié de sa connexion avec l’armée du Myanmar. » Le KNA nie toute implication dans des escroqueries.
Impact des escroqueries en ligne
Les opérations d’escroquerie à travers l’Asie de l’Est, l’Asie du Sud-Est et l’Océanie ont entraîné des pertes estimées entre 88,3 milliards et 114,1 milliards de dollars en 2025, selon l’UNODC, avec des personnes provenant d’au moins 80 pays retrouvées à l’intérieur des complexes.
Le Cambodge a avancé son propre projet de loi prévoyant des peines de réclusion à perpétuité pour les chefs de complexes, et les procureurs américains ont saisi 25 millions de dollars en cryptomonnaies liés à des escroqueries opérant dans la région ce mois-ci. L’agence de l’ONU a averti que la police de la région ne peut toujours pas tracer les produits sur la chaîne.
Retour des exécutions au Myanmar
Le Myanmar a repris les exécutions judiciaires en 2022, en exécutant quatre activistes lors des premiers meurtres de ce type depuis 1976. Min Aung Hlaing a commué chaque peine de mort dans le pays en réclusion à perpétuité en avril, quelques jours après avoir pris ses fonctions. Trois mois plus tard, son parlement a légiféré de nouvelles mesures.